Expositions à venir

CLAIR BRAVO

D’amour & d’eau fraîche

Jeu. 25 juin > Di. 30 Août 2026

Clair Bravo (1999, France) est un photographe basé à Bruxelles, diplômé de l’erg et de la KASK&Conservatorium. Axé sur les vies queer, le travail de Clair aborde la photographie comme une pratique participative, évoluant dans des espaces de parenté et d’intimité/ 

D’amour & d’eau fraîche est une série photographique née de plusieurs mois de vagabondage au sein de sept communautés rurales queer en France, principalement situées dans la diagonale du vide, cette bande du territoire français dans laquelle, du Nord au Sud, la densité de population est plus faible.

 À travers des scènes du quotidien, le projet interroge les notions d’appartenance, de visibilité, d’intimité et de vie collective dans des territoires souvent associés à des imaginaires conservateurs ou hétéronormatifs.

À l’heure de la fascisation des discours et des institutions, ces communautés queer constituent des espaces de résistance, de solidarité et d’invention collective.

Dans ce temps suspendu, rythmé par la chaleur de l’été, la vie collective et les familles choisies, se dessinent d’autres horizons.

Cette série s’intéresse à la manière dont la photographie peut contribuer à la construction d’imaginaires communs, à la transmission d’expériences minoritaires et à l’invention de futurs désirables.

La forme même du projet prolonge cette réflexion. Les textes qui accompagnent les images ont été écrits par les personnes photographiées, multipliant les points de vue et partageant l’autorité du récit. Présentées sur soie, les photographies deviennent des objets dont la légèreté et la mobilité favorisent une circulation souple, en dehors des cadres institués.

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DAVIT IBRAGIMOVI

საზღვარგარეთ

19 nov. 2026 > 31 jan. 2027

Il y a onze ans, je suis arrivé en Belgique avec ma mère. J’avais alors onze ans.

J’avais vécu toute ma vie en Géorgie, et l’arrivée ici a représenté un véritable bouleversement : nouvelle langue, nouvelle culture, nouvelle vie.

Nous avons vécu pendant huit mois dans un centre pour réfugiés. C’est paradoxalement là que se trouvent certains de mes souvenirs les plus heureux.

Des personnes de tous horizons y cohabitaient. Nous venions de pays différents, poussés par des raisons diverses, mais un lien fort nous unissait. Une forme de

solidarité spontanée et sincère. Ce fut pour moi la découverte de la diversité, dans toute sa richesse humaine et culturelle — une réalité que je ne connaissais

pas en Géorgie, où les communautés sont plus cloisonnées.

Aujourd’hui, je vis pleinement ma vie en Belgique, mais ce choc culturel initial m’a profondément marqué. Il m’a aussi forgé une sensibilité particulière à l’égard de ceux que l’on appelle souvent “minorités”. Depuis mes débuts en photographie, j’ai toujours ressenti un besoin viscéral : celui de mettre en lumière les personnes, les récits, et les cultures que l’on ne voit pas assez. Ce projet photographique naît de cette expérience intime. Il vise à célébrer la beauté des cultures à travers leurs vêtements traditionnels, portés non pas dans leur pays d’origine, mais ici, dans leur nouveau lieu de vie. Chaque portrait racontera une histoire de migration, de transmission, de transformation. Il s’agira de mettre en image des identités en mouvement, à la croisée de deux mondes. À travers cette série, je souhaite rendre hommage à la richesse multiculturelle de la Belgique, et inviter le regard à dépasser les clichés, à voir l’individu dans sa complexité et sa dignité.